Valorisation de la recherche: Les réseaux sociaux académiques

Généralités

Les réseaux sociaux académiques tels Academia.edu et ResearchGate ainsi que les outils de partage de signets et de gestion bibliographique (social bookmarking and reference management) tels Mendeley et Zotero, sont utilisés par les chercheurs comme moyen de diffusion de leurs travaux de recherche et permettent d’obtenir des rétroactions rapides par l’entremise de leur réseau de contacts ainsi qu’une certaine appréciation de l’impact de leurs travaux à l’aide d’indicateurs intégrés de type altmetric (nombre de téléchargements d’articles, de vues, de mentions sur Twitter, etc. Consulter à cet effet le guide thématique intitulé « Bibliométrie : Indicateurs reliés aux auteurs »). Selon certains auteurs, Academia.edu et ResearchGate seraient utilisés surtout pour identifier de nouveaux collaborateurs alors que Mendeley serait plutôt employé pour découvrir de nouveaux documents. On a également rapporté que ces deux réseaux sociaux académiques sont surtout utilisés par les chercheurs pour télécharger des documents. Les réseaux sociaux académiques en général représentent donc une approche utilisée par les chercheurs pour augmenter leur visibilité et leur réputation tout en leur permettant d’identifier d’éventuels collaborateurs.

Pour une étude comparative des quatre principaux réseaux sociaux académiques, ResearchGate, Academia.edu, Mendeley et Zotero, on consultera un article publié par Bhardwaj en 2017 (Academic social networking sites : Comparative analysis of ResearchGate, Academia.edu, Mendeley and Zotero. Information and Learning Science, 118(5-6), 298-316. doi: 10.1108/ILS-03-2017-0012).

Plusieurs travaux ont porté récemment sur les perceptions, motivations et comportements des chercheurs quant à l’utilisation de ces réseaux. Un frein rapporté quant à leur utilisation est le temps requis pour l’appropriation de tels outils, par opposition aux avantages pouvant en découler. Pour plusieurs, leur présence sur ces réseaux fonctionne comme une carte d’affaires électronique.

Bien qu’il existe certaines différences entre ces réseaux sociaux, chacun offre la possibilité aux auteurs de se créer un profil et d’y associer leur production académique, incluant parfois les données de recherche. Les autres membres de la communauté peuvent alors consulter les documents partagés, les télécharger et interagir de diverses façons en employant les multiples possibilités offertes par le Web 2.0.

La proportion des diverses disciplines représentées sur ces réseaux varie considérablement entre ResearchGate et Academia.edu. Les sciences, les technologies et la médecine se retrouvent en forte concentration sur le premier réseau, alors que sur le second nous retrouvons plutôt les sciences humaines et les arts. Quant aux sciences sociales et économiques, leur distribution entre ces deux réseaux sociaux académiques est plus équilibrée.

L’émergence et la croissance de ces réseaux sociaux académiques sont intimement liées au principe de libre accès aux connaissances. ResearchGate et Academia.edu prônent le libre accès et encourage le partage de documents entre utilisateurs. Il faut toutefois être prudent lors du dépôt du texte intégral d’articles afin de ne pas enfreindre les règles du droit d'auteur et être bien au fait qu’en procédant à de tels dépôts, on laisse à ces entreprises privées des droits sur nos propres travaux scientifiques. De plus, on notera qu’un document déposé dans ResearchGate ou Academia.edu ne permet pas de se conformer à la politique de libre accès aux publications établie par les trois organismes subventionnaires du gouvernement fédéral (consultez le guide Publier en libre accès préparé par le service des bibliothèques de l’UQAM pour plus de détails). De ce fait, et de façon à s’assurer d’un accès pérenne aux documents, il est plutôt recommandé de procéder au dépôt de ses articles en libre accès dans Archipel, dépôt institutionnel de l’UQAM, ou un dépôt disciplinaire. Des hyperliens dirigés vers ces documents peuvent par la suite être intégrés sur les réseaux sociaux académiques. Au préalable, il est important de s’assurer que les documents peuvent être déposés sans violations d’autorisations de réutilisation des textes intégraux établis par les éditeurs en consultant les sites Sherpa/Romeo ou Héloïse. On notera également que selon Bouchard, « les conditions contractuelles d’utilisation (CGU) d’Academia.edu comme ResearchGate attribuent aux réseaux des licences de réexploitation pour tout contenu déposé, ce qui ouvre naturellement la porte à l’exploration des données pour leur propre compte », ce qui n’est pas pour plaire à tous. En 2017, on a rapporté qu’environ 40 % des articles scientifiques en anglais déposés sur ResearchGate ne respectaient pas les consignes des éditeurs. Une autre étude a même avancé le nombre de 51 % d’articles sur ResearchGate enfreignant le droit d'auteur. Des éditeurs, tels Elsevier, Wolters Kluwer, Wiley, Brill et l’American Chemical Society (ACS), membres de Coalition for Responsible Sharing, ont entrepris en 2017 des démarches juridiques pour éradiquer le partage d’articles enfreignant les droits d'auteur sur ResearchGate. En suivant l’exemple d’Elsevier en 2013, l’American Psychological Association (APA) a « demandé le retrait de plus de 12 000 articles déposés tant sur des sites personnels que sur des sites institutionnels et les réseaux sociaux ResearchGate et Academia.edu » (Bouchard, 2017).

Les réseaux sociaux académiques les plus populaires sont présentés plus en détails dans ce guide (voir les onglets correspondants).

Référence

Bouchard, A. (2017, 26 septembre). Robin des bois ou rogue open access ? Les réseaux sociaux académiques en 2017. Dans UrfistInfo. Récupéré de https://urfistinfo.hypotheses.org/3107