Bibliométrie: Indicateurs reliés aux auteurs

Les citations: Outils de repérage

Outils pour repérer les citations offertes à des documents

Plusieurs outils sont disponibles pour le repérage des citations et ceux-ci seront brièvement présentés. Dans un premier temps, nous nous attarderons aux bases de données et aux outils multidisciplinaires puis nous aborderons le sujet des bases de données spécialisées.

Bases de données et outils multidisciplinaires

Scopus

Cette base de données multidisciplinaire répertorie le contenu d’environ 23 000 titres de périodiques dans le secteur des sciences pures et appliquées, des sciences de la vie et de la santé, des sciences sociales, des arts, et des humanités. Elle intègre également le contenu d’actes de colloques et des monographies.

Puisque cet outil contient un index de citations, le repérage de documents permet d’accéder par la même occasion aux citations offertes à cet ensemble de résultats. Pour chacun des documents repérés, on obtient le nombre de citations reçues et les détails bibliographiques relatifs à celles-ci. Il est important de noter que les documents citants doivent également être indexés dans cette même base de données. En d’autres termes, une citation apportée à un document par l’entremise d’une revue pour laquelle Scopus ne procède pas à son dépouillement (absence d’indexation) sera tout simplement absente de la liste de citations produite par Scopus. Le nombre de citations apporté à un document varie donc selon la base de données consultée.

— L’impact de citation modulé en fonction du champ (« Field-Weighted Citation Impact » ou FWCI)

Scopus présente aussi un indicateur d’impact de citation modulé en fonction du domaine de recherche: le FWCI. Celui-ci compare le nombre de citations reçues pour un document avec le nombre moyen de citations reçues pour des documents similaires, et ce, sur une période de trois ans. Ainsi, une valeur supérieure à 1,00 pour un document représente une indication que celui-ci a obtenu un nombre de citations supérieur à la moyenne. Cet indice tient en compte l’année de publication, le type de document impliqué ainsi que les disciplines associées à la source. Un FWCI de 1,68 pour un article signifie que ce dernier a reçu 68 % plus de citations qu’anticipé.

— Étalonnage des citations (Citation Benchmarking)

Scopus présente une variante du FWCI qui s’exprime en percentile et qui tient compte également des variations interdisciplinaires quant aux pratiques de citation, le Citation Benchmarking. Similairement au FWCI, cet indicateur tient en ligne de compte la date de publication, le type de document et les disciplines associées à la source. Toutefois, l’analyse s’opère sur une fenêtre de 18 mois et n’apparaitra que si 500 articles similaires ont été repérés pour le calcul. Dans le cas d’un document multidisciplinaire, on notera que cet indice d’étalonnage est calculé séparément pour chacune des disciplines impliquées et qu’un menu déroulant dans Scopus permet de prendre connaissance de chacun des indices en fonction des disciplines. De façon concrète, un article ayant obtenu une valeur de percentile égale à 99 signifie qu’il se retrouve parmi le 1 % des articles les plus cités dans cette discipline.

Google Scholar

Le contenu exact de l’algorithme de recherche de Google Scholar est un secret commercial. Il semble que cet outil moissonne « tous les articles se trouvant sur les plateformes de diffusion des revues savantes, déposés sur les dépôts institutionnels des universités et autres dépôts disciplinaires, et tous ceux mis en ligne sur les sites Web des chercheurs » (Larivière et Sugimoto, 2018, p. 47). On retrouve également sur cette plateforme des manuscrits sous forme de pré — ou post-publication (c’est-à-dire avant ou après que le processus de révision par les pairs n’ait eu lieu), des présentations PowerPoint, des chapitres de livres, des mémoires et des thèses, des publications par affiche (« posters »), etc. Cette hétérogénéité quant aux types de documents que l’on retrouve dans cet outil contribue à faire de Google Scholar le plus vaste index de citation auquel on peut accéder. Toutefois, et malheureusement, les données que l’on y trouve sont en général de mauvaise qualité (doublons, documents attribués au mauvais auteur, fluctuation du nombre de citations par document en raison de « nettoyages » réalisés par des auteurs sur leur page de profil par exemple) et le processus d’indexation automatique de Google Scholar peine à filtrer correctement les véritables articles scientifiques. Les références bibliographiques sont souvent incomplètes. En raison de ces faiblesses, il est donc propice à la manipulation du nombre de citations (introduction artificielle de documents citants de piètres qualités moissonnés par Google Scholar). Quoi qu’il en soi, il permet de repérer des documents qui ne sont pas indexés dans Scopus, ou d’autres bases de données (voir plus bas), et demeure donc un outil essentiel, malgré les faiblesses énumérées ci-haut.

— Logiciel Publish or Perish d'Anne Wil-Harzing (Middlesex University, Londres)

Anne Will-Harzing, professeure à Middlesex University au Royaume-Uni, a développé en 2006 une application pouvant être téléchargée gratuitement et qui permet d’extraire des données bibliographiques disponibles à partir de Google Scholar. Selon Larivière et Sugimoto (2018), « Cet outil permet de construire des indicateurs plus précis et des analyses plus détaillées que Google Scholar employé seul ». Il est surtout utile pour obtenir de l’information sur la productivité et l’impact de la recherche pour un individu ou un petit groupe de personnes.

Référence

Larivière, V. et Sugimoto, C. R. (2018). Mesurer la science. Montréal : Les Presses de l'Université de Montréal. Récupéré de https://pum.umontreal.ca/catalogue/mesurer-la-science

Microsoft Academic

Microsoft Academic, sous sa nouvelle mouture, est disponible officiellement depuis juillet 2017 et consiste en un outil similaire à Google Scholar, que ce soit au niveau de l’indexation ou de l’information disponible ayant trait aux auteurs ou aux revues, ainsi qu’à son absence de contrôle de qualité. Toutefois, contrairement à Google Scholar, cet outil classifie automatiquement les documents en fonction des disciplines. Selon certains, cette classification manquerait toutefois de cohérence et devrait donc être employée avec précaution.

Dimensions

Ce récent outil, lancé par la compagnie Digital Science en janvier 2018 permet, dans sa version gratuite, de repérer des articles scientifiques et leurs citations associées, de façon analogue à Scopus, Google Scholar et Microsoft Academic. Une étude récente portant sur l’efficacité de Dimensions à repérer les citations en comparaison de Scopus a mis en lumière une forte corrélation entre le nombre de citations trouvées par ces deux outils. Fait notable, Dimensions procure également des mesures d’impact alternatives ou altmetrics (voir l’onglet « Indicateurs alternatifs » du présent guide)

Lens.org


Cet outil en libre accès, développé en 2000 par Cambia, une organisation sans but lucratif, et Queensland University of Technology, toutes deux situées en Australie, permet d’obtenir des données concernant les citations apportées à des documents, mais, cette fois-ci, en provenance de brevets. À l’aide de Lens.org, il est donc possible pour un chercheur de connaitre le nombre de fois que ses articles ont été cités par des brevets. En raison de cette fonctionnalité, Lens.org peut être utilisé pour obtenir des données quant aux transferts de technologies entre universités et industries. Tout comme pour les autres outils énumérés ci-haut, il permet également de repérer les citations offertes à des articles scientifiques, et ce en intégrant le contenu de Microsoft Academic, PubMed et Crossref. On y retrouve aussi des livres, des thèses et des actes de conférences. Les personnes impliquées en biotechnologie apprécieront ses capacités de recherche par séquences de gènes.

Bases de données spécialisées

Plusieurs bases de données permettent de déterminer le nombre de citations qu’un document donné a reçu. Comme mentionné plus haut, le nombre de citations pour un même document peut varier en fonction de l’outil consulté car chaque outil n'indexe pas forcément les mêmes revues. Voici une liste, non exhaustive, de bases de données permettant d’obtenir des données reliées aux citations :

Academic Search Complete
ACM Digital Library
CiteSeerX
Communication and Mass Media Complete
Eric
GreenFile
HeinOnline: Law Journal Library
IEEE Xplore
Library & Information Science Source
MathSciNet
— ProQuest (les bases de données offertes par ce fournisseur permettent d’obtenir des données de citations; voir p. ex. Eric, ci-dessus)
PsycInfo
PubMed
SciFinder